Le billet d’Hubert : « Dette de la France… le début de la fin ? (Suite) »

Je vous rappelle que le présent billet a été rédigé « en avance », du fait de ma retraite méditative du 8 au 19 mars. C’est pourquoi, tout événement en relation avec le sujet traité, qui serait survenu entre le 3 mars et aujourd’hui, n’est pas pris en compte dans ce billet.

J’espère que vous avez profité de cette semaine pour :

  • Douter des informations que je vous ai livrées samedi dernier.
    • Malgré toute l’implication et l’amour que je mets dans la rédaction de mes billets, n’oubliez jamais qu’ils sont le reflet de MA vérité au moment de leur écriture. Remettez-la en cause, elle est faite pour cela.
  • Vérifier, revérifier, corroborer.
    • Mes billets comportent toujours de nombreux liens hypertextes, pour vous permettre d’accéder aux sources qui ont construit mon opinion.
  • Agir… ou ne rien faire.
    • Si vous arrivez à des conclusions différentes de ce que j’ai écrit, faites-vous confiance et croyez en vos réponses. C’est la seule vérité que je connaisse.

Nous allons donc, aujourd’hui, aller plus loin dans ce qui fait notre dette. Dans mon billet du 11 novembre 2014, j’écrivais : « Deux dessins valant mieux qu’un long discours, les «crobards» ci-dessous nous permettront, je l’espère, de mieux comprendre ce qui se cache derrière les mots :

La dette de la France (selon l’INSEE) :


 

Bien évidemment, le monde politique ne communique que sur les seuls critères de Maastricht. Il en a parfaitement le droit, mais intellectuellement, est-ce bien honnête ? Même sur cette « fausse base », l’endettement « officiel » de la France est pratiquement égal à la totalité (2 000 Mds €) des richesses produites (le PIB).

Soyons plus curieux et intéressons-nous maintenant à la structure de notre PIB :

Composition du PIB de la France (selon l’INSEE) :


 
 

On voit parfaitement que la véritable richesse produite au niveau du pays représente moins de la moitié de notre PIB.

Le déséquilibre entre cette production et les dépenses publiques montre bien qu’aucune augmentation d’impôt (même massive) ne permettra d’atteindre l’équilibre financier. « Rassurez-vous », il y aura quand même des augmentations d’impôts, taxes et autres prélèvements, mais vous voyez bien qu’ils ne changeront rien à la situation financière catastrophique de notre pays.

Résumons :

–        Sur la base de la communication officielle, nous avons une dette de 2 000 Mds € et la richesse produite est de 858 Mds € (2 000 x 42,9 %). Il manque donc 1 142 milliards d’euros.

–        Prenons maintenant des chiffres plus réalistes. 10 000 Mds € de dettes et 858 Mds € de richesses produites. Il manque… 9 142 milliards d’euros.

Même en retenant l’hypothèse « politiquement correcte », la France est bien en faillite.

Pour prolonger ce constat de 2014, intéressons-nous plus précisément à la place de l’État dans l’économie. Le rapport de 271 pages de la Cour des comptes en date du 25 janvier 2017, intitulé « L’État actionnaire » est particulièrement instructif sur ce point. Pour la constitution de ce rapport, elle a relevé la participation directe de l’État dans 1 800 entreprises qui représentent une valeur comptable de 98,9 milliards d’euros. L’examen s’est déroulé sur la période 2010-2016.

La Cour des comptes :

  • Constate que « Globalement, le retour sur fonds propres des participations de l’État actionnaire est inférieur à celui des entreprises cotées »
    • Les participations détenues par l’APE dégagent un retour sur fonds propres moyen de 2,8 % (sur la période 2010-2015), celles de la CDC de 1,9 % (entre 2012 et 2015) et celles du métier investissement de Bpifrance de 3,7 % en 2015. Pour les sociétés de l’indice SBF 120, ce retour est en moyenne de 10 % entre 2010 et 2015.

La Cour des comptes :

  • Constate « une nette détérioration des résultats de l’agence des participations de l’État (APE) » résultant principalement des comptes de la SNCF et d’EDF
    • Le résultat net, qui dépassait 10 Mds € avant la crise de 2008, chute à 8,2 Mds € en 2010 et devient fortement négatif en 2015 : – 10,1 Mds €.

Puisque nous parlons d’EDF, le projet « Hinkley Point » de construction de deux réacteurs nucléaires de nouvelle génération EPR en Grande-Bretagne est estimé à 23 milliards d’euros. Les deux tiers de la facture vont être payés par EDF et le tiers restant par un partenaire chinois. Cela veut dire qu’EDF doit trouver 15 milliards d’euros pour financer ce projet. Thierry Gadault, auteur du livre EDF : la bombe à retardement ? explique la situation du fleuron français : « Quand on a 66 milliards d’euros de dettes, 100 milliards à financer dans les centrales françaises, 20 milliards à rajouter pour la Grande-Bretagne, on peut considérer qu’on est dans une très mauvaise situation. »

N’y aurait-il pas une autre solution que la filière nucléaire actuelle ? Peut-être, mais n’oublions pas que l’armée française est partie prenante pour ce qui est des matières fissiles… Indispensables à notre armement nucléaire. D’autres solutions plus économiques et plus écologiques existent, comme les réacteurs à sels fondus mais, curieusement, la recherche dans ce domaine stagne !! C’est une autre histoire que j’aborderai peut-être un jour.

La Cour des comptes :

  • Constate que : « La France fait partie, avec la Norvège, la Slovénie et la Finlande, des quatre pays de l’OCDE dans lesquels les entreprises à participation publique emploient plus de 8 % des salariés. »
    • Le nombre de salariés concernés s’élève à 2,4 millions, soit 10 % de l’emploi salarié total : en France, une personne sur dix est employée par une entreprise à participation publique et une sur six si l’on se réfère au seul emploi salarié hors fonction publique.

Nous y voilà. « Il y a trop de fonctionnaires ». Encore une « phrase type » qui élude ce qui se passe sur le terrain. Et il s’en passe des choses aujourd’hui sur le terrain. Quand je vous dis que « nous changeons de monde ».

Ce changement arrive parfois… où on ne l’attend pas. L’Association des administrateurs territoriaux de France (AATF), vous connaissez ? Cette association « regroupe les hommes et les femmes qui occupent des fonctions d’encadrement dirigeant et supérieur dans les collectivités locales de plus de 40 000 habitants ». Ces fonctionnaires ont publié en ce début d’année 2017 un document autant constructif qu’ « audacieux » dont le titre donne le ton :

« Élection présidentielle 2017 : les administrateurs s’engagent. NOS 20 PROPOSITIONS À L’ATTENTION DES CANDIDATS ».

Jugez vous-même quelques-unes de ces 20 propositions :

  • La suppression de tous les doublons avec les services de l’État :
    • Le vrai millefeuille est là : trop de services de l’État font aujourd’hui doublons avec ceux des collectivités locales ;
  • Vers un régime de retraite commun au public et au privé ;
    • Créons un régime unique de retraites public-privé ;
  • Renforcer les prérogatives et la responsabilité de l’employeur public :
    • L’employeur public doit disposer de toute la palette des outils du manager, ce qui passe notamment par la simplification des procédures disciplinaires et du licenciement pour insuffisance professionnelle ;
  • Diversifier et ouvrir la fonction publique :
    • Mixité sociale, égalité entre les hommes et les femmes, diversification des profils à tous les échelons ;
  • Une meilleure prise en compte des nouveaux modes de vie des usagers :
    • Nouveaux horaires, nouvelles organisations, nouveaux outils numériques sont une obligation pour adapter le service public aux attentes et besoins des citoyens.

Tout cela est tellement évident que l’on se demande pourquoi on ne l’a pas dit plus tôt. Eh oui, il y a des fonctionnaires qui font bouger les choses. C’est rassurant, non ?

Mais ne nous illusionnons pas. Les conclusions d’un rapport sénatorial d’information de 275 pages en date du 9 février dernier sont sans appel. Son titre donne le ton « Une crise en quête de fin. Quand l’histoire bégaie » :

  • Après dix ans de crise, la probabilité de réédition d’un krach du système financier d’ampleur équivalente n’a pas diminué, bien au contraire ;
  • L’hypothèse d’un nouveau krach financier, à moyen terme, ne saurait donc être écartée, loin de là ;
  • Il est malheureusement vain d’espérer du jeu normal des institutions politiques existantes un projet réformiste préventif significatif, encore moins des mesures effectives, sans y avoir été contraintes par les événements.
  • Si sortie de la crise de langueur économique il y a, pensons-nous, elle ne procédera pas du fonctionnement régulier d’institutions complètement bloquées, mais de leur dysfonctionnement, avec ce que cela suppose d’incertitudes, d’imprévus, de risques et probablement de chaos.

Pour ma part, je pense que nous avons encore le temps (mais certainement de moins en moins) pour réagir et nous préparer à la « remise à zéro » du système financier mondial actuel.

Maintenant, c’est à nous de faire… ou ne pas faire « ce qu’il faut » pour passer une période très difficile à court terme et aborder au mieux « le monde de demain ». Pour moi, c’est l’évidence, tout est cyclique. N’oublions pas l’impermanence de toute chose, « bonne » ou « mauvaise » : elle arrive, elle disparaît.

Puissiez-vous, chers lecteurs, tirer le meilleur de ces quelques points abordés ensemble.

Je vous aime et vous salue.

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